Deux enfants, deux garçons, deux frères. Je ne me lasse pas de les observer, de les voir grandir. Je m'émerveille devant tant de ressemblances et de différences...
Dès le tout début, tout était semblable et différent à la fois. Alors qu'ils étaient encore dans mon ventre, j'ai senti pour tous deux les premières bulles de leurs mouvements à 3 mois de grossesse, puis leurs premiers coups de pieds en posant ma main sur mon ventre à 4 mois. Au même stade de grossesse mais d'une façon totalement différente. Car si tous deux protestaient par de vigoureux coups de pieds dès
que je me penchais un peu trop sur mon bureau, mon tout petit était par ailleurs très calme alors que mon grand bougeait sans cesse !
Il en est d'ailleurs toujours ainsi aujourd'hui, le mouvement perpétuel et la force tranquille. Mon grand toujours sur un rythme effréné, s'y perdant parfois, mon tout petit progressant calmement mais sûrement.
Leur naissance fût différente. Mon grand, voulant jouer les prolongations, a vu le jour suite à un déclenchement, à 41 semaines et 5 jours d’aménorrhée. Et ce déclenchement fut assez violent, pour lui et pour moi. Mon tout petit était pressé de naître, à 39 semaines et 2 jours d’aménorrhée, et sa naissance fut absolument naturelle et douce.
Cependant tout deux sont nés après très peu d'heures de travail : à peine 5 heures pour le premier, un peu plus de 6 heures pour le deuxième. Tous deux avaient le cordon enroulé autour de leur cou et n'ont poussé leur premier cri qu'après des secondes interminables, stimulés par les mains de la sage-femme et les miennes. Et tous les deux étaient de petits bébés : 2kg 940 et 49 cm pour l'aîné, 2kg 640 et 48 cm pour le second, le même rythme de croissance au final puisque mon tout petit est resté moins longtemps dans mon ventre.
Dès les premières secondes de vie de mon tout petit, j'ai vu à quel point il était différent de son frère. Je me suis même exclamée : "Oh, ce n'est pas le même, c'est vraiment un autre petit garçon !" Et pourtant, nombreux sont ceux qui les trouvent incroyablement ressemblants, quand moi je les trouve incroyablement différents. Différents de par la forme de leur visage, de leurs yeux, leur nez, leur bouche... mais la même longue mèche de cheveux noirs et soyeux dans le creux de la nuque, la même tâche bleutée dans le bas du dos.
Très différents physiquement, mais aussi de par leur caractère et leur comportement. Mon grand, dès ses premières heures de vie, était à l'affut de tout ce qui se passait autour de lui, tous ses sens en éveil, scrutant, sursautant, hurlant ! Mon tout petit ne se faisait aucun souci et se laissait porter par la quiétude ambiante, poussant de temps en temps de légers miaulements. Mon grand paniquant lorsque trop de monde l'entoure, dès ses premiers jours et parfois encore aujourd'hui, alors que mon tout petit n'a jamais été dérangé par les grandes réunions familiales.
Mon grand faisant son premier sourire à 1 jour de vie, disant son premier mot à 5 mois, et parlant, parlant, parlant sans cesse avant même de savoir parler ! Mon tout petit a longtemps gardé ses sourires pour les anges, il n'est pas pressé de parler et les premières ébauches de mots se font à peine sentir. Il préfère écouter, observer, et enregistrer... Ah oui, ça pour enregistrer, ils enregistrent, rien ne leur échappe ! L'un excité, l'autre calme, mais tous les deux aussi finement observateurs.
Tous les deux de fervents adeptes de mon lait, mais de
manière très différente dans leurs premiers mois de vie. Mon grand tétait très vite, il ne fallait pas
une seconde de moins et pas une seconde de plus. Mon tout petit prenait
le temps de faire de longues tétées, et même lorsqu'il avait lâché le
sein, il fallait que son nez puisse y rester collé, parfois de longues
heures...
Et puis pour tous les deux, la première dent qui sort le jour des 6 mois, et la deuxième le lendemain !
A cette même période, j'ai proposé à chacun sa première purée de carotte. Un régal pour mon grand qui ne voulait plus s'arrêter, une horreur sans nom pour mon tout petit qui a fait une grimace épouvantable et n'a plus jamais voulu entendre parler d'un quelconque don de becquée ! Il veut prendre le temps de découvrir de lui même, à son rythme, avec ses mains et celles de personne d'autre, le temps de déguster. Alors que mon grand est toujours le même petit glouton qu'avant, quand les cuillerées devaient s'enchaîner sans pause, même si lui aussi à voulu manger seul très tôt.
Du côté du développement moteur, on retrouve encore les mêmes différences, le très vif et le très calme. Mon grand tenait sa tête dès les premiers jours, tout son corps était
tonique, alors que mon tout petit se laissait aller à une détente
complète durant ses premiers mois. A 2 mois, mon grand voulait constamment être debout et sauter frénétiquement, j'en avais des bleus sur les cuisses. Au même âge, mon tout petit lui voulait rester assis sur mes genoux, mais pour se balancer avec force d'avant en arrière, sur un rythme impeccable.
Et tous deux se sont mis à ramper vers 6 mois. Mais alors que mon grand s'est contenté du premier mode de déplacement trouvé pour parcourir la maison à toute vitesse, la main droite toujours en avant pour attraper ce qui l'intéressait et la jambe gauche restant droite sur le sol pour assurer l'équilibre, mon tout petit à pris le temps de tester toutes sortes de techniques, perfectionnant ses mouvements, et passant par une longue étape de marche à quatre pattes.
Et puis cette ressemblance si frappante qui me pousse aujourd'hui à écrire ce billet : mon grand a fait ses premiers pas à 10 mois et 6 jours, mon tout petit les a faits hier après midi, à 10 mois et 5 jours ! Incroyable, je suis encore impressionnée par cette correspondance quasiment jour pour jour ! Et pourtant, tout s'est fait de façon différente encore une fois.
Certes, ils ont voulu s'entraîner à la marche vers 9 mois et demi l'un et l'autre, certes ils n'ont voulu pour cela me tendre qu'une seule main et la gauche, l'un comme l'autre. Mais mon grand a passé les 15 jours précédant ses premiers pas à marcher constamment du matin au soir, ou plutôt à courir ! Il fût mon coach sportif, très efficace : en quinze jours je perdis deux kilos. Mon tout petit lui aussi voudrait marcher sans cesse, mais il accepte cependant d'interrompre cet entraînement, et il se contente de marcher. Et je n'ai pas particulièrement maigri d'ailleurs...
Mes enfants, si semblables, si différents... Chacun se comportant selon sa propre modalité mais exprimant la même force de vie. Je m'émerveille devant ces ressemblances et ces différences qui les rendent uniques, ces différences et ressemblances qui les font frères !
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| Septembre 2009 |