"Alors je les regarde grandir,
et mon cœur est rempli de la simple joie de vivre ensemble."
(Isabelle Filliozat)

lundi 14 mai 2012

jouer à deux


Jouer avec son frère, c'est souvent beaucoup de complicité et de rires. Mais c'est aussi parfois quelques disputes, quand le plus grand ne veut pas prêter ses jouets ou quand le plus petit vient perturber un jeu minutieux.


Pour parer à ces petits accrochages, une solution est de leur proposer une même activité en parallèle, comme avec la "pâte à sable" :  un bac chacun et une juste répartition des divers pots et cuillères. Mais le bac du frère est quand même toujours bien plus intéressant...






Parfois cela se passe bien, malgré les envahissements de territoire réciproques. D'autres fois, l'ambiance est un peu moins sereine dans notre salle Montessori !







Il faut de temps en temps user de stratagèmes ingénieux pour se mettre hors de portée des mains d'un petit frère qui ne comprend pas la subtilité d'un alignement de voitures sur un circuit imaginaire. Et ces ruses de grand frère se révèlent parfois fort agréables pour le petit frère qui peut alors disposer d'une liberté de mouvement dans toute la pièce, sans risquer une collision avec un grand frère survolté.


 



Et puis il y a ces moments...






Quelle aventure d'avoir un frère, grand ou petit !



mardi 1 mai 2012

premiers versés...

Mon tout petit a souvent l'occasion de faire des découvertes sensorielles avec différentes matières : de l'eau, du sable, des lentilles, des pommes de pin, ou encore de la "pâte à sable" qui est un mélange de farine et d'huile... Et il raffole de ces activités !

Hier, il a pu jouer avec des boutons. Lorsque mon grand fait cette activité, il transvase les boutons du bol en verre au bol en métal, puis du bol en métal au bol en verre... Mon tout petit, lui, a un tout petit peu transvasé, beaucoup renversé ! 


Ce matin, il voulait absolument attraper le plateau avec les pichets qui servent au versé de grosses graines. Et j'avais beau essayer de l'intéresser à autre chose, il n'y avait rien qui puisse le détourner de son idée.

Quand je l'ai empêché physiquement d'attraper le plateau, il a pleuré à grosses larmes, inconsolable... Mon cœur de maman n'a pas résisté à ces larmes et à ce désir farouche de découverte. Alors j'ai posé devant lui le plateau tant convoité...

Depuis le temps qu'il en rêvait ! Ce moment de découverte fut un régal, pour lui comme pour moi.

Regardez bien ces quelques photos, vous y verrez un tout petit heureux, de vrais transvasements cette fois, et même de belles tentatives de versés !



Il grandit mon tout petit...

lundi 30 avril 2012

mystère...

Je vous en avais déjà parlé il y a quelques temps : en ce moment, mon tout petit est passionné par tout ce qui peut se mettre dans une boîte ou dans un trou. Et il décline ça un peu partout dans la maison avec tout ce qu'il trouve.

Le camion-poubelle de son grand frère par exemple, dont on peut en plus refermer la trappe, et récupérer les petites voitures par l'arrière de la benne ! Condition sine qua non à cette activité : que le grand frère soit profondément endormi...




Il aime aussi jouer avec mon pot à crayons, et si je lui propose de les transvaser dans un bocal, cela devient vraiment passionnant !




Bien sûr, il peut également s'adonner à sa passion du moment dans notre salle Montessori, avec différentes activités présentées dans les étagères. Ou encore avec des boîtes en bois, en fer ou en plastique, des bocaux, des coupelles en verre ou en métal, des paniers...





Et puis il y a cette boite à café que j'ai recouverte d'un adhésif orange et dont j'ai troué le couvercle. Selon les jours, il peut y glisser des petits pompons, des boutons, ou bien ces tiges colorées. Il aime énormément cette activité qu'il fait très consciencieusement. Voyez cette concentration...



Il y a quelques jours, alors que je travaillais à mon bureau qui est lui aussi dans notre salle Montessori, mon tout petit s'adonnait justement à cette activité. Lorsque toutes les tiges colorées furent glissées par le petit trou, je les ai ressorties et remises dans le bol en inox. Puis je suis retournée à mon ordinateur et je n'ai plus vraiment suivi le fil des occupations de mon tout petit...

Quand je suis revenue vers lui pour remettre un peu d'ordre, j'ai soulevé le couvercle de cette boite à café et j'ai été surprise de ne pas y retrouver les tiges colorées. Je les ai cherchées dans toute la pièce, impossible de mettre la main dessus ! J'ai regardé dans toutes les boites, derrière les livres, sous les coussins, dans les tiroirs de mon bureau et même dans la poubelle, et puis dans le reste de l'appartement : rien, aucune tige colorée en vue, pas une seule !

A ce jour, je les cherche encore... et j'avoue ne plus avoir la moindre idée de l'endroit où mon tout petit aurait bien pu les glisser !

J'en viens presque à me demander si cette boite à café n'a pas un double fond ou si mon enfant n'a pas un talent de prestidigitateur...

Mystère, mystère...

mercredi 25 avril 2012

C'est moi qui fait le vent !

Il y avait du vent cet après-midi, beaucoup de vent. Un vent puissant comme celui que l'on peut trouver au bord de la mer, un vent qui tente de vous soulever et vous donne l'impression de pouvoir voler...

Nous sommes allés au square, comme presque tous les après-midi, et mon grand a passé un long moment sur la balançoire. Il se balançait sans un mot, observant attentivement autour de lui tous ces mouvements créés par le vent.

Et puis soudain, il me regarda d'un air radieux et me dit :
"Tu sais Maman, c'est moi qui fait le vent en me balançant !"

Juillet 2011


Magie de l'enfance que de voir le monde entier graviter autour de soi, de se sentir soi même l'impulsion qui donne à l'Univers son mouvement, de savoir que le monde est parce que l'on est...

jeudi 12 avril 2012

peinture en mouvement

En ce moment, mon grand a des envies de peinture ! Pour varier un peu, je lui ai proposé de peindre sur une longue feuille posée au sol. Un morceau de scotch au quatre coins, de la peinture sous différentes formes, pas de consigne, juste le plaisir de l'observer...

Le premier jour, il a peint en se déplaçant rapidement autour de sa feuille, avec d'innombrables commentaires chuchotés. Des petits chemins de traits et de points sont apparus.







Le deuxième jour, il a multiplié les techniques : une main dans le dos, en tapant avec son pinceau, deux pinceaux à la fois, en faisant des cercles pour reproduire un arc-en-ciel, en entrechoquant les pinceaux entre eux, en les faisant rouler sur la feuille... Tout cela avec beaucoup de concentration.








En le regardant, j'ai pensé aux enfants japonais apprenant l'art de la calligraphie, avec plus de mouvement bien sûr...

J'ai beaucoup aimé ces moments, tout à la fois jaillissement et sérénité, et la joie de mon enfant !

mardi 10 avril 2012

ces différences et ressemblances qui m'émerveillent !

Deux enfants, deux garçons, deux frères. Je ne me lasse pas de les observer, de les voir grandir. Je m'émerveille devant tant de ressemblances et de différences...

Dès le tout début, tout était semblable et différent à la fois. Alors qu'ils étaient encore dans mon ventre, j'ai senti pour tous deux les premières bulles de leurs mouvements à 3 mois de grossesse, puis leurs premiers coups de pieds en posant ma main sur mon ventre à 4 mois. Au même stade de grossesse mais d'une façon totalement différente. Car si tous deux protestaient par de vigoureux coups de pieds dès que je me penchais un peu trop sur mon bureau, mon tout petit était par ailleurs très calme alors que mon grand bougeait sans cesse !

Il en est d'ailleurs toujours ainsi aujourd'hui, le mouvement perpétuel et la force tranquille. Mon grand toujours sur un rythme effréné, s'y perdant parfois, mon tout petit progressant calmement mais sûrement.

Leur naissance fût différente. Mon grand, voulant jouer les prolongations, a vu le jour suite à un déclenchement, à 41 semaines et 5 jours d’aménorrhée. Et ce déclenchement fut assez violent, pour lui et pour moi. Mon tout petit était pressé de naître, à 39 semaines et 2 jours d’aménorrhée, et sa naissance fut absolument naturelle et douce.

Cependant tout deux sont nés après très peu d'heures de travail : à peine 5 heures pour le premier, un peu plus de 6 heures pour le deuxième. Tous deux avaient le cordon enroulé autour de leur cou et n'ont poussé leur premier cri qu'après des secondes interminables, stimulés par les mains de la sage-femme et les miennes. Et tous les deux étaient de petits bébés : 2kg 940 et 49 cm pour l'aîné, 2kg 640 et 48 cm pour le second, le même rythme de croissance au final puisque mon tout petit est resté moins longtemps dans mon ventre.

Dès les premières secondes de vie de mon tout petit, j'ai vu à quel point il était différent de son frère. Je me suis même exclamée : "Oh, ce n'est pas le même, c'est vraiment un autre petit garçon !" Et pourtant, nombreux sont ceux qui les trouvent incroyablement ressemblants, quand moi je les trouve incroyablement différents. Différents de par la forme de leur visage, de leurs yeux, leur nez, leur bouche... mais la même longue mèche de cheveux noirs et soyeux dans le creux de la nuque, la même tâche bleutée dans le bas du dos.

Très différents physiquement, mais aussi de par leur caractère et leur comportement. Mon grand, dès ses premières heures de vie, était à l'affut de tout ce qui se passait autour de lui, tous ses sens en éveil, scrutant, sursautant, hurlant ! Mon tout petit ne se faisait aucun souci et se laissait porter par la quiétude ambiante, poussant de temps en temps de légers miaulements. Mon grand paniquant lorsque trop de monde l'entoure, dès ses premiers jours et parfois encore aujourd'hui, alors que mon tout petit n'a jamais été dérangé par les grandes réunions familiales.

Mon grand faisant son premier sourire à 1 jour de vie, disant son premier mot à 5 mois, et parlant, parlant, parlant sans cesse avant même de savoir parler ! Mon tout petit a longtemps gardé ses sourires pour les anges, il n'est pas pressé de parler et les premières ébauches de mots se font à peine sentir. Il préfère écouter, observer, et enregistrer... Ah oui, ça pour enregistrer, ils enregistrent, rien ne leur échappe ! L'un excité, l'autre calme, mais tous les deux aussi finement observateurs.

Tous les deux de fervents adeptes de mon lait, mais de manière très différente dans leurs premiers mois de vie. Mon grand tétait très vite, il ne fallait pas une seconde de moins et pas une seconde de plus. Mon tout petit prenait le temps de faire de longues tétées, et même lorsqu'il avait lâché le sein, il fallait que son nez puisse y rester collé, parfois de longues heures...

Et puis pour tous les deux, la première dent qui sort le jour des 6 mois, et la deuxième le lendemain !

A cette même période, j'ai proposé à chacun sa première purée de carotte. Un régal pour mon grand qui ne voulait plus s'arrêter, une horreur sans nom pour mon tout petit qui a fait une grimace épouvantable et n'a plus jamais voulu entendre parler d'un quelconque don de becquée ! Il veut prendre le temps de découvrir de lui même, à son rythme, avec ses mains et celles de personne d'autre, le temps de déguster. Alors que mon grand est toujours le même petit glouton qu'avant, quand les cuillerées devaient s'enchaîner sans pause, même si lui aussi à voulu manger seul très tôt.

Du côté du développement moteur, on retrouve encore les mêmes différences, le très vif et le très calme. Mon grand tenait sa tête dès les premiers jours, tout son corps était tonique, alors que mon tout petit se laissait aller à une détente complète durant ses premiers mois. A 2 mois, mon grand voulait constamment être debout et sauter frénétiquement, j'en avais des bleus sur les cuisses. Au même âge, mon tout petit lui voulait rester assis sur mes genoux, mais pour se balancer avec force d'avant en arrière, sur un rythme impeccable.

Et tous deux se sont mis à ramper vers 6 mois. Mais alors que mon grand s'est contenté du premier mode de déplacement trouvé pour parcourir la maison à toute vitesse, la main droite toujours en avant pour attraper ce qui l'intéressait et la jambe gauche restant droite sur le sol pour assurer l'équilibre, mon tout petit à pris le temps de tester toutes sortes de techniques, perfectionnant ses mouvements, et passant par une longue étape de marche à quatre pattes.

Et puis cette ressemblance si frappante qui me pousse aujourd'hui à écrire ce billet : mon grand a fait ses premiers pas à 10 mois et 6 jours, mon tout petit les a faits hier après midi, à 10 mois et 5 jours ! Incroyable, je suis encore impressionnée par cette correspondance quasiment jour pour jour ! Et pourtant, tout s'est fait de façon différente encore une fois.

Certes, ils ont voulu s'entraîner à la marche vers 9 mois et demi l'un et l'autre, certes ils n'ont voulu pour cela me tendre qu'une seule main et la gauche, l'un comme l'autre. Mais mon grand a passé les 15 jours précédant ses premiers pas à marcher constamment du matin au soir, ou plutôt à courir ! Il fût mon coach sportif, très efficace : en quinze jours je perdis deux kilos. Mon tout petit lui aussi voudrait marcher sans cesse, mais il accepte cependant d'interrompre cet entraînement, et il se contente de marcher. Et je n'ai pas particulièrement maigri d'ailleurs...

Mes enfants, si semblables, si différents... Chacun se comportant selon sa propre modalité mais exprimant la même force de vie. Je m'émerveille devant ces ressemblances et ces différences qui les rendent uniques, ces différences et ressemblances qui les font frères !
 
Septembre 2009





mardi 3 avril 2012

respirer...

Prendre soin de ses enfants est certes merveilleux, mais cela se révèle parfois épuisant, physiquement et émotionnellement. Nous avons toutes connu ces moments où nous saturons subitement des agissements de nos enfants, et où nous sentons la colère nous envahir soudainement, prête à se déverser autour de nous ! Et pourtant, bien souvent, il ne s'est rien passé de particulier, rien de plus que ce qui se passe tous les jours et que nous savons habituellement gérer sans mal. Mais il suffit d'un excès de fatigue, d'un stress, d'une tâche que nous n'arrivons pas à accomplir faute de temps, et en une fraction de seconde notre esprit et notre corps ne savent plus réagir sereinement. D'un coup la machine s'enraye...

Je déteste m'énerver face au comportement de mes enfants, je déteste cela et pourtant cela m'arrive régulièrement. Mais alors, comment faire pour que cela n'arrive plus ? Comment faire pour réussir à garder notre calme lorsque nous nous sentons au bout de nos capacités physiques et émotionnelles ? Bien sûr, nous pouvons prévenir ces moments de saturation, et c'est assurément un point essentiel à ne pas négliger : prendre du temps pour soi, pour se ressourcer, refaire le plein d'énergie et d'ondes positives.

Mais sur le moment, lorsque la colère s'annonce brusquement et tente de nous envahir ? Je me rappelle avoir lu fréquemment : "Tapez dans un coussin, isolez-vous et criez un grand coup !". Mais je suis persuadée que cette solution n'en est pas une pour moi. Si j'en arrive à crier dans mon coin ou à frapper quelque objet que ce soit, cela voudra dire que la colère m'aura déjà atteinte, qu'elle aura déjà envahi mon esprit, mon corps, mon cœur. Et je ne veux pas la laisser prendre cette place, parce que je sais qu'une fois ce seuil franchi, il me faudra un certain temps pour retrouver mon calme et des émotions positives.

Récemment, alors que je m'occupais de mes enfants, cette colère m'a envahie. Je me suis mise en colère contre mon grand, qui ne faisait pourtant rien de plus que ce qu'un enfant de deux ans et demi bouillonnant de vie peut faire chaque jour. Mais le stress de ne pas trouver suffisamment de temps pour étudier avait eu raison de ma patience. Ce jour-là, mon enfant a eu peur de moi... Le calme revenu, je me suis dit qu'il me fallait impérativement trouver le moyen d'empêcher cette colère de m'envahir à nouveau.

Alors j'ai repensé à la naissance de mes enfants. J'ai repensé à ces respirations calmes, amples et profondes dans lesquelles je m'étais plongée pour accompagner la douleur des contractions. Oui, l'accompagner, ne jamais se crisper contre elle. L'accompagner puisque cette douleur était le signe que mon enfant cheminait vers la vie. Accompagner la douleur en faisant le vide dans mon esprit, en me concentrant totalement sur mon enfant se frayant un passage vers la vie, accompagner la douleur et aider mon enfant à naître.

Et j'ai réalisé que je pouvais faire la même chose lorsque le comportement de mes enfants devenait émotionnellement douloureux pour moi. J'ai eu le sentiment que la douleur des contractions était assez semblable à la douleur émotionnelle d'une mère. La contraction fait mal, mais elle permet à l'enfant de naître. Les comportements de nos enfants nous sont parfois difficiles à supporter, mais ils les aident à grandir.

Ne plus m'énerver contre mon enfant qui apprend à grandir, mon enfant qui s'élance coûte que coûte sur le chemin de la vie. Ne plus me crisper contre cette douleur émotionnelle que je ressens.

Fermer les yeux. Me détendre totalement, relâcher les muscles de mon cou, de mes épaules, de mes bras. Et respirer... Faire entrer lentement l'air par mon nez jusqu'à en être remplie. Le maintenir en moi quelques instants en le chargeant de tout l'amour que j'ai pour mon enfant. Et le laisser repartir à travers mes lèvres à peine entrouvertes, finement, comme on soufflerait délicatement sur un papillon pour l'aider à reprendre son envol, longuement, le plus longuement possible.

Respirer et accompagner cette douleur, accueillir cette vague de vie et la laisser repartir...Fermer les yeux et respirer... Lentement, profondément... En me concentrant sur mon enfant qui apprend à vivre... Respirer en plongeant dans la vague... Respirer...


La respiration est essentielle à la vie, sans elle notre cœur cesserait de battre. Mais la respiration ne nous est pas essentielle uniquement d'un point de vue physiologique, elle est également primordiale au bien être émotionnel et spirituel. En réalité, c'est tout l'équilibre de la vie qui se base sur la respiration, l'équilibre de chaque pensée, de chaque acte. Un sportif vous dira que la respiration est essentielle, un chanteur également, tout comme un médecin, un archer, un yogi, un chaman, un maître zen, un soufi, une sage femme... Toute la vie se base sur la respiration.

Et si chaque épreuve de la vie était semblable à une contraction ? Cette douleur qui aide à naître, ces douleurs de la vie qui nous aident à grandir. Et si nous nous laissions emporter par ces vagues de vie, sans plus lutter contre elles, juste en les laissant nous emmener toujours un peu plus loin ? Se laisser emporter par le flot de la vie, accepter sa puissance, s'en remettre à cette sagesse qui nous échappe, et respirer... La vie n'est qu'une continuelle naissance, se concentrer sur la vie, et respirer pour naître encore... Respirer...

Depuis ce jour, j'essaye de pratiquer cette respiration de la vie à chaque fois que je fais face à une situation émotionnellement difficile. Et à chaque fois, je constate que l'énergie qui aurait été dévorée par la colère se diffuse positivement dans mon corps et dans mon esprit. Le souffle de vie que je fais ainsi entrer pleinement en moi apaise tout mon être, et il ressort chargé d'amour et de bienveillance.

Cela ne veut pas dire que je suis devenue la patience incarnée, que je ne m'énerve plus jamais. J'ai parfois l'impression que certaines m'imaginent d'une sérénité et d'une patience incroyables et inébranlables, parfois l'impression que ces mères culpabilisent en lisant mes billets. J'aimerais qu'elles se détrompent ! Je suis humaine. Comme toutes les mamans, il arrive que je perde patience avec mon grand, il y a des périodes où trop de cris résonnent dans la maison, et pas seulement ceux des enfants...

Ce billet était écrit depuis quelques jours déjà, mais j'attendais le bon moment pour le publier. Aujourd'hui fût une journée quelque peu éprouvante pour moi. Fatigue, soucis, une pointe de tristesse, rien de grave mais un tout qui mène à la perte de patience, à la perte de disponibilité émotionnelle. Alors je peux vous dire que j'ai respiré très souvent aujourd'hui. Cela n'a pas effacé pour autant la fatigue, les soucis, le manque de patience et la saturation émotionnelle. Mais au moins, la colère n'a pas eu raison de moi, je l'ai maintenue à distance et c'est un réel soulagement !

Respirer m'a été d'un tel secours aujourd'hui que j'ai pensé que le moment était venu de vous en parler. Alors, Respirez...